La débauche

Scénario : PENNAC Daniel

Dessin : TARDI Jacques

La rencontre au sommet d’un grand écrivain, Daniel Pennac, et d’un géant de la bande dessinée, Tardi, paru initialement en janvier 2000.
Dans un Paris contemporain, un homme est enfermé dans une cage au zoo du Jardin des plantes, normalement occupée par des tigres ou des gorilles, avec la mention : « Homo Sapiens, Laborare Carens, chômeur, Europe ». Comment est-il arrivé là ? Qui est-il ? Très vite les médias s’emparent de ce fait divers et on apprend bientôt que cet homme est au chômage… Après quelques jours d’exposition, au petit matin il est retrouvé pendu. Suicide, meurtre ? Commence alors une enquête menée d’une part par Justin, petit flic à l’éthique bancale et en parallèle par sa copine – qui deviendra très rapidement son ex-copine – qui n’est autre que la vétérinaire du zoo.

C’est une fable sociale qui vire au polar. Une dénonciation du pouvoir, des médias, du libéralisme sauvage. Un récit qui n’a pas pris une ride !

« Outre l’histoire elle-même, petit chef-d’œuvre d’humour vengeur, la grande réussite de La débauche, c’est de sentir la connivence de Tardi et Pennac, leur bonheur de travailler ensemble. Ils ont visiblement eu à cœur de se mettre chacun au service de l’autre, et l’on retrouve au fil des pages leurs marottes et obsessions croisées : par son caractère entier, Lili évoque irrésistiblement Adèle ; M. Hélas est manchot comme l’était un certain Brindavoine ; l’improbable supérieure hiérarchique de Justin rappelle le commissaire Thian de la saga des Malaussène, etc. […]
Cet album jubilatoire est justiciable de nombreuses lectures, l’une des plus troublantes tient peut-être au jeu de correspondances temporelles qui rythme la narration. Il n’est sans doute pas indifférent que, dans les premières pages du récit, Justin et Lili aillent voir The Full Monty, film anglais sur les ravages du libéralisme thatchérien, ni que le Capitaine lise sans relâche Les Misérables du grand Victor (Hugo). Manière pour les auteurs de glisser en douce que, quels que soient les pays et les époques, les mêmes causes (économiques) produisent les mêmes effets (sociaux). Aux premiers jours du XXIe siècle, voilà matière à méditer. »

Jean-Pierre Mercier.


Éditeur : Futuroplis

Parution : 01/2000

Nombre de planches : 70

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